Me Ahouandogbo accuse le Parquet
Ecrit par fraternité
Me Raphaël Ahouandogbo, ancien député à l’Assemblée nationale et membre du parti politique Union pour la Relève (Upr) était hier l’invité de l’émission dominicale Zone Franche sur la chaîne de télévision Canal 3 Bénin. Pendant plus d’une heure d’horloge, l’homme a fait une analyse approfondie de l’actualité sociopolitique nationale. Il s’est particulièrement focalisé sur l’affaire incarcération du Maire de Dangbo, dont il est l’un des Avocats
L’affaire incarcération du Maire de la Commune Dangbo a été l’un des sujets abordés hier par Me Raphaël Ahouandogbo au cours de l’Emission Zone Franche sur Canal 3 Bénin. Selon Me Raphaël Ahouandogbo, l’affaire du Maire de Dangbo est un scandale politico-judiciaire. Dans cette affaire, il s’en est particulièrement pris au Procureur général de la République qui selon lui, est le seul qui en veut aujourd’hui au Maire de Dangbo, Clément Gnonlonfoun, en le privant de sa liberté. "…J’étais présent au jugement du 23 septembre 2009. C’est là seulement qu’il y a eu des débats de fond. Et, qu’est ce qui est sorti de l’aveu, de la bouche même du Chef du service administratif et financier qui est le bras dont on se sert pour nuire à ce Maire là… ? Il s’en est résulté que ce monsieur là a été entraîné dans un système auquel il est tout à fait étranger… ", a déclaré Me Ahouandogbo. " Un tribunal qui a fait un débat contradictoire, a décidé que le Maire soit libéré. Le Procureur de la République fait appel de cette décision alors qu’au départ, il avait fait une orientation grossièrement erronée de ce dossier. Je préfère croire qu’il a fait exprès de se tromper parce que, s’il ne s’était pas trompé, cette juridiction instruirait le Maire Clément Gnonlonfoun sans émettre un mandat de dépôt ", a ajouté Me Raphaël Ahouandogbo. " Le dossier est politique. Je ne l’aurais pas dit avant le 23 septembre 2009. Mais aujourd’hui, je persiste et je signe que ce dossier est éminemment politique parce que la personne institutionnelle qui s’acharne aujourd’hui contre le Maire Clément Gnonlonfoun, c’est le Procureur de la République, c’est le ministère public. Ce ministère est le seul qui remet en cause la liberté qui est donnée au Maire de Dangbo, par opposition aux autres institutions judiciaires qui lui accordent cette liberté. A Porto-Novo, lorsque par une sorte de malveillance, on a orienté le dossier vers une juridiction interprétante dans le seul but de le priver de sa liberté, le tribunal a été saisi et le tribunal a donné à monsieur Clément Gnonlonfoun, sa liberté. Lorsque maintenant, l’orientation a été refaite, corrigée et a abouti dans le sens qu’il faut, le 10 novembre dernier, le juge d’instruction qui a enquêté, fait des investigations à charge et à décharge, fait des confrontations, a débouché sur la même conclusion que le tribunal des flagrants délits de Porto-Novo le 23 septembre 2009 en lui accordant la liberté. Le même jour, le Procureur de la République s’est pourvu en appel. Qui est bien placé entre le ministère public et le juge d’instruction pour apprécier ? C’est le juge d’instruction qui enquête tandis que le Procureur de la République, même quand il a accès à un dossier, il n’assiste même pas aux confrontations, aux déclarations. Il n’a de connaissance de dossier qu’en lisant les procès verbaux d’instruction. Les écrits sont muets ", persiste t-il.
La dégradation de la chose politique et la part de responsabilité du président Boni Yayi
L’actualité politique nationale ne cesse de connaître des bouleversements depuis quelques mois. Me Raphaël Ahouandogbo, Avocat à la Cour et ancien député à l’Assemblée nationale, a donné son appréciation par rapport à tout ce qui se passe actuellement dans le pays. Sans ambages, Me Raphaël Ahoundogbo, estime que depuis une dizaine d’années et plus précisément depuis l’avènement du régime du changement, la classe politique béninoise adopte des comportements de plus en plus dégradants et non respectueux des dispositions de la Constitution du 11 décembre 1990. Pour lui, tout est donné à la politique aux dépends de la technique et des vraies actions de développement. "…L’activité politique est avant tout, une activité de service public, une activité d’intérêt général. C’est une activité devant laquelle le Moi doit s’effacer pour le Nous… ", a déclaré Me Raphaël Ahouandogbo. Poursuivant dans le même sens, l’ancien député pense que la dépravation de la chose politique qu’on observe aujourd’hui est d’abord imputable à l’élite qui, selon lui, vit aux dépends de la masse populaire. " …La première élite qui est responsable, c’est l’élite dirigeante qui a choisi de faire de la chose politique, le cœur de sa vie au lieu de donner l’exemple. C’est celui qui est en haut qui induit le comportement général… ", a déclaré Me Raphaël Ahouandogbo. Il n’a pas manqué de lancer un coup de gueule au président Boni Yayi en ce qui concerne certaines questions de développement de la Nation. Pour Me Raphaël Ahouandogbo, le Chef de l’Etat, le président Boni Yayi ne respecte pas son serment, surtout en ce qui concerne les inquiétudes soulevées par l’opposition dans le processus de réalisation d’une Liste électorale permanente informatisée (Lépi) au Bénin. Pour lui, le président Boni Yayi doit plutôt prioriser la voie du dialogue pour faire régner le consensus autour de cette question. Aussi, déplore t-il le comportement du président de la République et de ceux qui l’entourent. Selon Me Raphaël Ahouandogbo, le président Boni Yayi et ses partisans font de l’activisme politique, un lieu de règlement de comptes, un lieu où tout doit concourir à la pérennisation du président au pouvoir. Cependant, il estime que l’opposition aussi en fait de trop dans ses différentes démarches et particulièrement dans cette affaire de la Lépi. Et pour cause. Me Raphaël Ahouandogbo a déclaré que quel que soit ce qu’on peut reprocher au président de la Commission politique de supervision (Cps) de la Lépi, Epiphane Quenum, la faute incombe d’abord à ceux qui l’ont placé à ce poste et au nombre de ceux-ci, il y a l’opposition. Il en veut spécialement au parti dont est issu le député Epiphane Quenum. Pour lui, soit les dirigeants de ce parti n’auraient pas dû le désigner pour les représenter au sein de la Cps, soit ils l’auraient exclu si tant est qu’il ne répond plus véritablement à leurs aspirations, surtout que ledit parti est membre de la coalition de l’opposition. Pour ce qui est de la candidature unique souhaitée par la coalition de l’opposition pour les élections présidentielles de 2011, Me Raphaël Ahouandogbo, émet des réserves quant à la capacité des leaders de cette opposition à proposer un programme de développement fédérateur et auquel la grande masse va adhérer. Ceci, parce qu’il pense que tous ces leaders ont déjà géré le pouvoir dans le pays à divers niveaux.
Cotonou le 23/11/2009